Au sens premier, la poésie s'oppose à la prose. Cette dernière se définit comme un sermo soluta, c'est-à-dire un « discours délié » dont le seul but est d'aller de l'avant. La poésie, au contraire, est définie comme un « discours mesuré », c'est-à-dire astreint à une mesure que l'on appelle un mètre. La poésie ainsi définie coule la langue dans des moules aussi divers qu'il y a de mètres. Classiquement, la langue poétique se présente sous la forme de vers qui peuvent être regroupés en strophes. Cela suffit-il à la définir ? Quelle est la conception moderne de la poésie ?
1. Quelles sont les particularités du genre poétique ?
Le mot poésie vient du verbe grec poiein, qui signifie « produire », « créer ». Le poète se donne un pouvoir d'invention, de création verbale : en exploitant toutes les ressources de la langue, il invente un nouveau langage où les mots ont plus de sens et de densité que dans leur usage habituel. « Les mots que j'emploie, / Ce sont les mots de tous les jours et ce ne sont point les mêmes », écrit Paul Claudel dans La Muse qui est la grâce.
La poésie accorde une telle place au langage qu'elle peut se passer de narration, d'idée, de message à transmettre ; c'est la beauté et le pouvoir de suggestion des mots qui importent plus que leur sens premier. Au xixe siècle, la théorie de « l'art pour l'art », que développe notamment Théophile Gautier, radicalise même cette conception : « il n'y a vraiment de beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid » (préface de Mademoiselle de Maupin). Victor Hugo combattra cette position en proposant une poésie de plus en plus engagée (son recueil satirique Les Châtiments s'oppose violemment à la politique du Second Empire).
Parce que le poète est comme un orfèvre qui travaille le langage, la poésie est le genre qui se donne les plus fortes contraintes formelles : le vers, la rime, la strophe et les différentes formes poétiques codifiées (sonnet, ballade, etc.) la distinguent bien souvent des autres genres. La versification est un ensemble de contraintes que se donne le poète afin d'obtenir certains effets liés au sens du poème : rythme sautillant ou grave, sonorités inquiétantes ou comiques, harmonie ou discontinuité, etc. La poésie est une forme-sens : le sens du poème naît de la forme autant que la forme sert le sens.
2. Qu'apportent le vers et le travail du rythme ?
Le mètre utilisé peut être régulier ou irrégulier (on parle alors de vers hétérométriques) selon l'impression que veut produire le poète.
Le vers se définit en fonction du nombre de syllabes. Parmi les vers pairs qui confèrent souvent une certaine régularité au rythme du poème, on distingue entre autres : l'alexandrin (12 syllabes), le décasyllabe (10 syllabes), l'octosyllabe (8 syllabes) et l'hexasyllabe (6 syllabes).
Les vers impairs (5, 7, 9, 11 syllabes) sont plus rares et leur présence doit être considérée comme un élément signifiant. Dans son Art poétique (1874), Verlaine préconise ainsi l'emploi du mètre impair :
Les vers impairs (5, 7, 9, 11 syllabes) sont plus rares et leur présence doit être considérée comme un élément signifiant. Dans son Art poétique (1874), Verlaine préconise ainsi l'emploi du mètre impair :
« De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose. »
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose. »
Attention au décompte des syllabes dans un vers : un -e final n'est jamais prononcé en fin de vers. En revanche, il compte comme une syllabe à la fin d'un mot, dans le vers, lorsqu'il est suivi d'une consonne. Par ailleurs, quand deux voyelles se suivent dans un mot, elles peuvent compter comme deux syllabes (diérèse), ou comme une seule syllabe (synérèse).
La nature du vers influe sur le rythme du poème. En règle générale, plus un vers est court, plus le retour des sonorités à la rime est fréquent, et plus le rythme est saccadé ; à l'inverse, plus un vers est long, plus le rythme est posé. Par exemple, dans cette strophe tirée des Orientales de Victor Hugo, l'alternance métrique permet de transcrire le doux balancement de Sara dans son hamac et le mouvement de l'eau :
« Sara, belle d'indolence,
Se balance
Dans un hamac, au-dessus
Du bassin d'une fontaine
Toute pleine
D'eau puisée à l'Ilyssus. »
Se balance
Dans un hamac, au-dessus
Du bassin d'une fontaine
Toute pleine
D'eau puisée à l'Ilyssus. »
Le rythme du vers lui-même repose sur des accents qui déterminent des coupes. Ainsi, l'alexandrin classique est composé de deux hémistiches, de chacun six syllabes, séparés par une coupe centrale, nommée césure.
Le rythme du poème dépend également du rapport entre la phrase grammaticale et le vers. Ainsi, lorsque la phrase ne s'arrête pas à la fin du vers mais se poursuit sans interruption sur le vers suivant, on parle d'enjambement. Lorsque le groupe placé au début du vers suivant est très bref, on parle de rejet. À l'inverse, quand le groupe isolé et bref se situe à la fin du vers, il y a contre-rejet. Ces procédés modifient le rythme du poème, en le rendant plus ample, et créent des effets de sens en général intéressants, en mettant par exemple en valeur un groupe de mots.
3. Comment le poème joue-t-il sur les sonorités ?
La rime est l'une des caractéristiques de la poésie classique. Le retour des sonorités crée un effet à la fois visuel et sonore et influe sur le rythme du poème.
Le choix du schéma de rimes est significatif. On distingue ainsi les rimes plates (aabb), les rimes croisées (abab) et les rimes embrassées (abba).
En outre, suivant l'effet d'écho et de musicalité que le poète cherche à donner, les rimes peuvent être pauvres (un seul son en écho, comme voix / choix), suffisantes (deux sons en écho, comme infiniment / terriblement) ou riches (au moins trois sons en écho, comme latente / éclatante).
En outre, suivant l'effet d'écho et de musicalité que le poète cherche à donner, les rimes peuvent être pauvres (un seul son en écho, comme voix / choix), suffisantes (deux sons en écho, comme infiniment / terriblement) ou riches (au moins trois sons en écho, comme latente / éclatante).
Par ailleurs, on distingue les rimes féminines (le vers s'achève par un -e muet) des rimes masculines. Dans la poésie classique, il convient de faire alterner ces deux types de rimes.
Enfin, au sein même du vers, le poète peut travailler sur la musicalité des mots en formant des assonances (répétitions vocaliques) ou des allitérations (répétitions consonantiques). Ces procédés permettent souvent de créer une harmonie imitative : les sonorités elles-mêmes contribuent à exprimer le sens du poème. « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Racine, Andromaque, 1667) : l'allitération en [s] imite le sifflement des serpents.
4. Pourquoi avoir inventé le poème en prose ? Qu'est-ce que le vers libre ?
Au xixe siècle, Aloysius Bertrand, puis Baudelaire, refusent dans certains de leurs poèmes la contrainte trop forte de la rime et du vers, et donnent ainsi naissance au poème en prose. Le poète invente alors ses propres contraintes formelles. Néanmoins, ces textes conservent la forme courte du fragment, une syntaxe rythmée et des répétitions sonores et lexicales. Comme dans la poésie traditionnelle, ils usent d'images très libres.Gaspard de la Nuit
« Il était nuit. Ce furent d'abord, – ainsi j'ai vu, ainsi je raconte, – une abbaye aux murailles lézardées par la lune, – une forêt percée de sentiers tortueux, – et le Morimont grouillant de capes et de chapeaux.
Ce furent ensuite, – ainsi j'ai entendu, ainsi je raconte, – le glas funèbre auquel répondaient les sanglots funèbres d'une cellule, – des cris plaintifs et des rires féroces dont frissonnait chaque feuille le long d'une ramée, – et les prières bourdonnantes des pénitents noirs qui accompagnaient un criminel au supplice. »
Ce furent ensuite, – ainsi j'ai entendu, ainsi je raconte, – le glas funèbre auquel répondaient les sanglots funèbres d'une cellule, – des cris plaintifs et des rires féroces dont frissonnait chaque feuille le long d'une ramée, – et les prières bourdonnantes des pénitents noirs qui accompagnaient un criminel au supplice. »
Aloysius Bertrand, 1842
Le vers libre, lui, est un vers par sa disposition typographique, mais n'a pas de régularité rythmique et ne comporte pas forcément de rime. On le trouve dans la poésie moderne.
5. Qu'est-ce que la prose poétique ?
Progressivement, c'est toute la langue qui devient poétique : il apparaît en effet que toute phrase porte en elle des cadences et des sons, et donc une métrique et une prosodie (la prosodie étant l'analyse du rythme et des sonorités). Il en est ainsi, par exemple, de ce début de Salammbô de Flaubert : « C'était à Mégare, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Amilcar » ; ou même de cet extrait du code de procédure pénale qui faisait frémir Claudel : « Tout condamné à mort aura la tête tranchée » (l'allitération finale semble éjecter le dernier mot comme la tête du guillotiné…).
Ces exemples témoignent du fait que la puissance poétique ne se limite pas au respect de règles préétablies. Avec la prose poétique surgit la définition moderne et beaucoup plus large de la poésie, conçue comme cet usage de la langue où la forme linguistique elle-même (le signifiant) est l'objet d'attention.
La citation
« Un poète est un monde enfermé dans un homme. » (Hugo, La Légende des siècles, 1859-1883.)Exercice n°1
Parmi ces propositions, quelles sont les contraintes formelles que se donne le genre poétique ?
Cochez la (ou les) bonne(s) réponse(s).
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La poésie est un genre qui se fixe des contraintes fortes pesant sur la forme : respecter certaines longueurs de vers, certains schémas de rimes, un nombre précis de strophes et de vers par strophe, etc. Ces contraintes varient selon la forme du poème (un sonnet, une ballade ) et selon l'époque. Au xviie siècle, par exemple, Boileau, dans son Art poétique, pose les jalons de ce qui deviendra l'idéal de la poésie classique. À partir du xixe siècle, certains poètes contestent ces contraintes imposées à la poésie par le classicisme. Le poète devient alors libre de s'affranchir de la codification du genre.
Attention, la poésie n'a pas de tonalité particulière : elle peut être tout aussi bien mélancolique que comique, par exemple.
Attention, la poésie n'a pas de tonalité particulière : elle peut être tout aussi bien mélancolique que comique, par exemple.
Exercice n°2
Lequel de ces vers contient une diérèse ?
Cochez la bonne réponse.
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Il est très important de repérer les diérèses au sein des vers. Outre qu'elles permettent au poète d'obtenir un mètre régulier (ici, l'alexandrin), elles mettent en valeur un mot qui, de ce fait, focalise l'attention du lecteur. Il est indispensable de les inclure dans un commentaire de texte. Rappel : l'antonyme de la diérèse est la synérèse. La diérèse porte sur bohémien (bohémi-en).
Exercice n°3
Lesquels de ces vers extraits de poèmes des Fleurs du mal (1857) de Baudelaire contiennent une synérèse ?
Cochez la (ou les) bonne(s) réponse(s).
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Ici, les mots « familier » et « pitié » comportent chacun une synérèse. Les syllabes « lier » et « tié » sont lues d'une seule émission de voix.
Exercice n°4
Comment appelle-t-on une strophe composée d'un seul vers ?
Cochez la bonne réponse.
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Une strophe d'un vers se nomme un monostique ; une strophe de deux vers, un distique ; une strophe de dix vers, un dizain.
Exercice n°5
Comment appelle-t-on un vers d'une seule syllabe ?
Cochez la bonne réponse.
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Un vers d'une syllabe se nomme un monosyllabe ; un vers de deux syllabes, un dissyllabe ; un vers de trois syllabes, un trisyllabe.
Exercice n°6
Quel nom porte cette forme de poème ?
Les Fleurs du mal
« Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige…
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir ! »
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige…
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir ! »
Charles Baudelaire, « Harmonie du soir », 1857
Cochez la bonne réponse.
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Un pantoum est un poème d'origine malaise repris en France par les romantiques. Il est composé d'une suite de quatrains à rimes croisées (dites aussi rimes alternées) sur laquelle un système de reprise de vers s'applique : le deuxième et le quatrième vers d'une strophe deviennent le premier et le troisième vers de la strophe qui suit, et le dernier vers du poème est identique au premier. Ici, Baudelaire ne respecte pas exactement ces contraintes.
Un haïku est un poème d'origine japonaise. Il est très bref, composé de dix-sept syllabes et de trois vers : un pentasyllabe (vers de cinq syllabes), un heptasyllabe (vers de sept syllabes), puis à nouveau un pentasyllabe.
Un haïku est un poème d'origine japonaise. Il est très bref, composé de dix-sept syllabes et de trois vers : un pentasyllabe (vers de cinq syllabes), un heptasyllabe (vers de sept syllabes), puis à nouveau un pentasyllabe.
Exercice n°7
Quel nom porte cette forme de poème ?
L'Adolescence clémentine
« Au bon vieux temps un train d'amour régnoit
Qui sans grand art et dons se démenait,
Si qu'un baiser, donné d'amour profonde,
C'était donné toute la terre ronde :
Car seulement au cœur on se prenoit.
Et si, par cas, à jouir on venoit,
Savez-vous bien comme on s'entretenoit ?
Vingt ans, trente ans : cela durait un monde,
Au bon vieux temps.
Or est perdu ce qu'amour ordonnoit :
Rien que pleurs feints, rien que changes on n'oit.
Qui voudra donc qu'à aimer je me fonde ?
Il faut premier que l'amour on refonde,
Et que la mène ainsi qu'on la menoit
Au bon vieux temps. »
Qui sans grand art et dons se démenait,
Si qu'un baiser, donné d'amour profonde,
C'était donné toute la terre ronde :
Car seulement au cœur on se prenoit.
Et si, par cas, à jouir on venoit,
Savez-vous bien comme on s'entretenoit ?
Vingt ans, trente ans : cela durait un monde,
Au bon vieux temps.
Or est perdu ce qu'amour ordonnoit :
Rien que pleurs feints, rien que changes on n'oit.
Qui voudra donc qu'à aimer je me fonde ?
Il faut premier que l'amour on refonde,
Et que la mène ainsi qu'on la menoit
Au bon vieux temps. »
Clément Marot, 1532
Cochez la bonne réponse.
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Un rondeau est un petit poème de trois strophes (souvent un tercet entouré par deux quintiles) construit sur deux rimes. Le premier hémistiche (ici : « Au bon vieux temps ») est repris à la fin des deuxième et troisième strophes et ne rime pas. Les mots répétés prennent le nom de refrain ou de rentrement.
Un acrostiche est un poème qui laisse lire un nom ou un mot quand on regarde verticalement, au début de chaque vers, la suite des premières lettres.
Une épître est une lettre en vers.
Un acrostiche est un poème qui laisse lire un nom ou un mot quand on regarde verticalement, au début de chaque vers, la suite des premières lettres.
Une épître est une lettre en vers.
Exercice n°8
Dans ce poème, Pierre de Ronsard incite Cassandre à profiter du moment présent en utilisant un thème issu de la poésie épicurienne. Quel est-il ?
Odes
« Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
À point perdu, cette vêprée,
Les plis de sa robe pourprée
Et son teint au vôtre pareil.
Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las, las ! ses beautés laissé choir ;
Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté. »
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
À point perdu, cette vêprée,
Les plis de sa robe pourprée
Et son teint au vôtre pareil.
Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las, las ! ses beautés laissé choir ;
Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté. »
Pierre de Ronsard, 1553
Cochez la bonne réponse.
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Dans cette ode à Cassandre, Pierre de Ronsard fait référence aux vers latins extraits d'un poème de Horace (65 av. J.-C. – 8 av. J.-C.) : Carpe diem quam minimum credula postero (« Cueille le jour présent, en te fiant le moins possible au lendemain »). Ronsard sous-entend que le futur est incertain, que tout est appelé à disparaître.
Exercice n°9
Qui a écrit ces vers, extraits d'un poème célèbre qui dénonce déjà au xviie siècle les embarras de Paris ?
« En quelque endroit que j'aille, il faut fendre la presse
D'un peuple d'importuns qui fourmillent sans cesse.
L'un me heurte d'un ais dont je suis tout froissé ;
Je vois d'un autre coup mon chapeau renversé. »
D'un peuple d'importuns qui fourmillent sans cesse.
L'un me heurte d'un ais dont je suis tout froissé ;
Je vois d'un autre coup mon chapeau renversé. »
Cochez la bonne réponse.
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Ces vers sont tirés d'un long poème intitulé « Les Embarras de Paris », paru dans les Satires (1660-1668) de Nicolas Boileau. Ce thème est abordé fréquemment dans la littérature, par exemple par Montesquieu dans Les Lettres persanes.
Exercice n°10
Le vers « Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs » de Pierre de Ronsard est un :
Cochez la bonne réponse.
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Le décompte des syllabes est le suivant :
« Pour/ ob/sè/ques/ re/çois/ mes/ lar/mes/ et/ mes/ pleurs »
À l'intérieur d'un vers, on compte les syllabes qui se terminent par un « e » muet et qui précèdent une consonne. Il convient de bien faire la liaison avec le « s » entre la neuvième et la dixième syllabe.
Un hendécasyllabe est un vers de onze syllabes.
« Pour/ ob/sè/ques/ re/çois/ mes/ lar/mes/ et/ mes/ pleurs »
À l'intérieur d'un vers, on compte les syllabes qui se terminent par un « e » muet et qui précèdent une consonne. Il convient de bien faire la liaison avec le « s » entre la neuvième et la dixième syllabe.
Un hendécasyllabe est un vers de onze syllabes.
Exercice n°11
« Las, où est maintenant ce mépris de Fortune ?
Où est ce cœur vainqueur de toute adversité,
Cet honnête désir de l'immortalité,
Et cette honnête flamme au peuple non commune ? »
Où est ce cœur vainqueur de toute adversité,
Cet honnête désir de l'immortalité,
Et cette honnête flamme au peuple non commune ? »
Le quatrième vers de cette strophe de Joachim Du Bellay (1522-1560), tirée du recueil intitulé Les Regrets (1558), est un :
Cochez la bonne réponse.
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Le décompte des syllabes est le suivant :
« Et/ ce/tte ho/nnê/te/ fla/mme au/ peu/ple/ non/ co/mmune ? »
En effet, à la fin du vers, si la dernière syllabe contient un « e » final, alors elle ne se compte pas.
Attention, les divisions de syllabes sont notées différemment des coupes de mots en fin de ligne.
« Et/ ce/tte ho/nnê/te/ fla/mme au/ peu/ple/ non/ co/mmune ? »
En effet, à la fin du vers, si la dernière syllabe contient un « e » final, alors elle ne se compte pas.
Attention, les divisions de syllabes sont notées différemment des coupes de mots en fin de ligne.
Exercice n°12
Que définit le mètre poétique ?
Cochez la bonne réponse.
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Plusieurs mètres peuvent alterner dans un poème (des alexandrins avec des octosyllabes par exemple). Si la longueur des vers est tout à fait aléatoire, on ne peut plus réellement considérer qu'il y a un mètre.
Attention à ne pas parler de pieds, mais bien de syllabes. Le pied est en effet une autre unité métrique, propre à certaines langues (l'anglais, le latin, le grec) et qui se rapporte à la longueur d'accentuation des syllabes.
Le nombre de vers dans une strophe définit le type de la strophe. On distingue par exemple :
Attention à ne pas parler de pieds, mais bien de syllabes. Le pied est en effet une autre unité métrique, propre à certaines langues (l'anglais, le latin, le grec) et qui se rapporte à la longueur d'accentuation des syllabes.
Le nombre de vers dans une strophe définit le type de la strophe. On distingue par exemple :
- le distique (strophe de deux vers) ;
- le tercet (strophe de trois vers) ;
- le quatrain (strophe de quatre vers) ;
- le quintil (strophe de cinq vers) ;
- le sizain (strophe de six vers), etc.
Exercice n°13
« Déjà la nuit en son parc amassait
Un grand troupeau d'étoiles vagabondes,
Et, pour entrer aux cavernes profondes,
Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait ; »
Un grand troupeau d'étoiles vagabondes,
Et, pour entrer aux cavernes profondes,
Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait ; »
Dans cette strophe de Joachim Du Bellay (1522-1560) tirée du recueil intitulé L'Olive (1549), quel est le genre de la rime « ondes » ?
Cochez la bonne réponse.
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La rime est la répétition d'un même son à la fin des vers. Elle est féminine à partir du moment où elle se termine par un « e » muet. La présence d'un pluriel n'affecte pas cette règle.
Le mot « épicène » se dit pour un mot qui s'écrit de la même façon au masculin et au féminin. Par exemple, l'adjectif « sensible » est épicène.
Le mot « épicène » se dit pour un mot qui s'écrit de la même façon au masculin et au féminin. Par exemple, l'adjectif « sensible » est épicène.
Exercice n°14
« En m'ébattant je fais rondeaux en rime,
Et en rimant bien souvent, je m'enrime ;
Bref, c'est pitié d'entre nous rimailleurs,
Car vous trouvez assez de rime ailleurs,
Et quand vous plaît, mieux que moi rimassez.
Des biens avez et de la rime assez :
Mais moi, à tout ma rime et ma rimaille,
Je ne soutiens, dont je suis marri, maille. »
Et en rimant bien souvent, je m'enrime ;
Bref, c'est pitié d'entre nous rimailleurs,
Car vous trouvez assez de rime ailleurs,
Et quand vous plaît, mieux que moi rimassez.
Des biens avez et de la rime assez :
Mais moi, à tout ma rime et ma rimaille,
Je ne soutiens, dont je suis marri, maille. »
Quelle est la qualité des rimes dans cet extrait de Clément Marot (1496-1544) tiré du recueil intitulé Épîtres (1518) ?
Cochez la bonne réponse.
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La qualité d'une rime se juge au nombre de sons communs à la fin des vers. Plus on constate de sons communs, plus la rime est riche. La richesse de la rime s'échelonne selon trois niveaux : pauvre, suffisante et riche. La rime est dite pauvre quand seulement un seul son est en commun ; la rime est dite suffisante quand deux sons sont en commun ; la rime est riche quand trois sons et plus sont en commun.
Dans l'exemple de Marot, les rimes renferment toutes plus de trois sons en commun et sont toutes issues de jeux sur le mot « rime ».
Marot pousse la subtilité à jouer sur des groupes de mots qui se placent à la rime : on parle alors de rimes équivoquées.
Dans l'exemple de Marot, les rimes renferment toutes plus de trois sons en commun et sont toutes issues de jeux sur le mot « rime ».
Marot pousse la subtilité à jouer sur des groupes de mots qui se placent à la rime : on parle alors de rimes équivoquées.
Exercice n°15
« Je dirai quelque jour vos naissances latentes »
Arthur Rimbaud, « Voyelles » (1871)
Combien de syllabes accentuées contient ce vers ?
Cochez la bonne réponse.
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Tout poète se préoccupe du rythme. L'alternance de syllabes accentuées et de syllabes non accentuées crée le rythme d'un vers ou d'un poème.
En français, l'accent se place sur la dernière syllabe d'un mot ou d'un groupe de mots, sauf quand cette dernière syllabe comporte un « e » muet. Dans ce cas, c'est l'avant-dernière syllabe qui porte l'accent.
Dans le vers de Rimbaud, les accents frappent les syllabes « rai », « jour », « ssan » et « tentes ». Ils créent des petites pauses au sein du vers et à l'oral guident le débit : « Je dirai/ quelque jour/ vos naissan/ces latentes ».
En français, l'accent se place sur la dernière syllabe d'un mot ou d'un groupe de mots, sauf quand cette dernière syllabe comporte un « e » muet. Dans ce cas, c'est l'avant-dernière syllabe qui porte l'accent.
Dans le vers de Rimbaud, les accents frappent les syllabes « rai », « jour », « ssan » et « tentes ». Ils créent des petites pauses au sein du vers et à l'oral guident le débit : « Je dirai/ quelque jour/ vos naissan/ces latentes ».
Exercice n°16
Les Contemplations
« Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. »
Victor Hugo, Livre IV « pauca meae », XIV, 1856
Dans ce vers, où se trouve la césure ?
Cochez la bonne réponse.
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Dans un alexandrin, la césure se trouve généralement au milieu et sépare le vers en deux hémistiches. Ici, l'alexandrin est dit classique : c'est un tétramètre (3/3 // 3/3).
À l'oral, il convient de marquer les accents et de faire une légère pause après chaque coupe : « Je ne puis/ demeurer// loin de toi/ plus longtemps. » La césure est symbolisée par deux traits obliques.
À l'oral, il convient de marquer les accents et de faire une légère pause après chaque coupe : « Je ne puis/ demeurer// loin de toi/ plus longtemps. » La césure est symbolisée par deux traits obliques.
Exercice n°17
Poèmes saturniens
« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant »
Paul Verlaine, « Mon rêve familier », 1866
Combien de syllabes accentuées contient ce vers ?
Cochez la bonne réponse.
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Cet alexandrin est un trimètre (4/ 4/ 4). Les rimes intérieures guident la lecture : « Je fais souvent/ ce rêve étran/ge et pénétrant ».
Exercice n°18
« C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. »
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. »
Arthur Rimbaud, « Le Dormeur du val », 1870
Comment nomme-t-on la distorsion de vers que l'on observe entre les vers 1 et 2 de ce poème ?
Cochez la bonne réponse.
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Comment nomme-t-on le procédé métrique observable au vers 3 (« D'argent »), au vers 4 (« Luit »), au vers 7 (« Dort ») et au vers 14 (« Tranquille ») ?
Cochez la bonne réponse.
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Comment nomme-t-on le procédé métrique observable au vers 9 (« Souriant comme ») ?
Cochez la bonne réponse.
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1. La phrase ne s'arrête pas à la fin du premier vers, mais elle se poursuit au deuxième vers. Cette rupture de rythme se nomme un enjambement.
2. Le fait de placer dans le vers suivant un mot ou un groupe de mots appartenant, au point de vue du sens, au vers précédent se nomme un rejet.
3. Le fait de placer dans le vers précédent un mot ou un groupe de mots appartenant, au point de vue du sens, au vers suivant se nomme un contre-rejet.
Exercice n°19
Les Nourritures terrestres
« Que l'importance soit dans ton regard, non dans la chose regardée. […]
Il y a profit aux désirs, et profit au rassasiement des désirs – parce qu'ils en sont augmentés. Car, je te le dis en vérité, Nathanaël, chaque désir m'a plus enrichi que la possession toujours fausse de l'objet même de mon désir.
Pour bien des choses délicieuses, Nathanaël, je me suis usé d'amour. Leur splendeur venait de ceci que j'ardais sans cesse pour elles. Je ne pouvais pas me lasser. Toute ferveur m'était une usure d'amour, une usure délicieuse. […]
Agir sans juger si l'action est bonne ou mauvaise. Aimer sans s'inquiéter si c'est le bien ou le mal.
Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur. […]
Laisse à chacun le soin de sa vie. […]
Nathanaël, j'aimerais te donner une joie que ne t'aurait donnée encore aucun autre. Je ne sais comment te la donner et pourtant cette joie, je la possède. Je voudrais m'adresser à toi plus intimement que ne l'a fait encore aucun autre. Je voudrais arriver à cette heure de nuit où tu auras successivement ouvert puis fermé bien des livres cherchant dans chacun d'eux plus qu'il ne t'avait encore révélé ; où tu attends encore ; où ta ferveur va devenir tristesse, de ne pas se sentir soutenue. Je n'écris que pour toi ; je ne t'écris que pour ces heures. Je voudrais écrire tel livre d'où toute pensée, toute émotion personnelle te semblât absente, où tu croirais ne voir que la projection de ta propre ferveur. Je voudrais m'approcher de toi et que tu m'aimes.
La mélancolie n'est que de la ferveur retombée.
Tout être est capable de nudité ; toute émotion, de plénitude.
Mes émotions se sont ouvertes comme une religion. Peux-tu comprendre cela : toute sensation est d'une présence infinie.
Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur. […]
Je vous ai vus, grands champs baignés de la blancheur de l'aube ; lacs bleus, je me suis baigné dans vos flots – et que chaque caresse de l'air riant m'ait fait sourire, voilà ce que je ne me lasserai pas de te redire, Nathanaël. Je t'enseignerai la ferveur.
Si j'avais su des choses plus belles, c'est celles-là que je t'aurais dites – celles-là, certes, et non pas d'autres. »
Il y a profit aux désirs, et profit au rassasiement des désirs – parce qu'ils en sont augmentés. Car, je te le dis en vérité, Nathanaël, chaque désir m'a plus enrichi que la possession toujours fausse de l'objet même de mon désir.
Pour bien des choses délicieuses, Nathanaël, je me suis usé d'amour. Leur splendeur venait de ceci que j'ardais sans cesse pour elles. Je ne pouvais pas me lasser. Toute ferveur m'était une usure d'amour, une usure délicieuse. […]
Agir sans juger si l'action est bonne ou mauvaise. Aimer sans s'inquiéter si c'est le bien ou le mal.
Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur. […]
Laisse à chacun le soin de sa vie. […]
Nathanaël, j'aimerais te donner une joie que ne t'aurait donnée encore aucun autre. Je ne sais comment te la donner et pourtant cette joie, je la possède. Je voudrais m'adresser à toi plus intimement que ne l'a fait encore aucun autre. Je voudrais arriver à cette heure de nuit où tu auras successivement ouvert puis fermé bien des livres cherchant dans chacun d'eux plus qu'il ne t'avait encore révélé ; où tu attends encore ; où ta ferveur va devenir tristesse, de ne pas se sentir soutenue. Je n'écris que pour toi ; je ne t'écris que pour ces heures. Je voudrais écrire tel livre d'où toute pensée, toute émotion personnelle te semblât absente, où tu croirais ne voir que la projection de ta propre ferveur. Je voudrais m'approcher de toi et que tu m'aimes.
La mélancolie n'est que de la ferveur retombée.
Tout être est capable de nudité ; toute émotion, de plénitude.
Mes émotions se sont ouvertes comme une religion. Peux-tu comprendre cela : toute sensation est d'une présence infinie.
Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur. […]
Je vous ai vus, grands champs baignés de la blancheur de l'aube ; lacs bleus, je me suis baigné dans vos flots – et que chaque caresse de l'air riant m'ait fait sourire, voilà ce que je ne me lasserai pas de te redire, Nathanaël. Je t'enseignerai la ferveur.
Si j'avais su des choses plus belles, c'est celles-là que je t'aurais dites – celles-là, certes, et non pas d'autres. »
André Gide (1869-1951), 1897
Ce texte est :
Cochez la bonne réponse.
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Le livre Les Nourritures terrestres est-il un roman, un hymne, un journal intime, un essai parsemé d'aphorismes, un nouvel évangile hédoniste, une philosophie esthétique de la délivrance, « une apologie du dénuement » (André Gide, Préface de l'édition de 1927) ? Parfois le lecteur est confronté à des textes hybrides, inclassables dans un genre plus que dans un autre.
Né d'une volonté de rompre avec la littérature du xixe siècle, ce livre-phare empreint de lyrisme et de sensualité suscita l'engouement de plusieurs générations.
Né d'une volonté de rompre avec la littérature du xixe siècle, ce livre-phare empreint de lyrisme et de sensualité suscita l'engouement de plusieurs générations.
Exercice n°20
Voici un extrait des Voix intérieures (1837) de Victor Hugo :
« À quoi je songe ? – Hélas ! loin du toit où vous êtes,
Enfants, je songe à vous ! à vous, mes jeunes têtes,
Espoir de mon été déjà penchant et mûr,
Rameaux dont, tous les ans, l'ombre croît sur mon mur. »
Enfants, je songe à vous ! à vous, mes jeunes têtes,
Espoir de mon été déjà penchant et mûr,
Rameaux dont, tous les ans, l'ombre croît sur mon mur. »
Quel est le schéma de rimes utilisé ?
Cochez la bonne réponse.
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Les rimes plates correspondent au schéma aabb (ici : êtes/ êtes, mûr/ mur).
En reprenant d'un vers sur l'autre la même sonorité, les rimes plates contribuent à créer un rythme régulier, battu avec mesure comme un balancier. Parce qu'il est propre à épouser la marche inexorable du temps et de la fatalité, ce rythme est très prisé par la tragédie.
Attention à ne pas mal interpréter l'adjectif « plates » : ce schéma de rimes n'est pas le signe d'une absence de recherche poétique ni d'une « platitude » du poème.
Les rimes plates sont aussi fréquemment appelées « rimes suivies ».
Attention à ne pas mal interpréter l'adjectif « plates » : ce schéma de rimes n'est pas le signe d'une absence de recherche poétique ni d'une « platitude » du poème.
Les rimes plates sont aussi fréquemment appelées « rimes suivies ».
Exercice n°21
Qui est l'initiateur du poème en prose ?
Cochez la bonne réponse.
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Publié en 1842, le recueil d'Aloysius Bertrand Gaspard de la Nuit est constitué de poèmes sans vers, mais comportant des strophes et des rythmes proches de la poésie versifiée. Le poète a la volonté de créer « un nouveau genre de prose », c'est-à-dire aussi un nouveau genre de poésie. Le recueil est passé inaperçu jusqu'à ce que Baudelaire le cite avec admiration et le revendique comme source de son inspiration de ses Petits Poèmes en prose (1869).
Exercice n°22
Voici une phrase extraite d'Atala (1801) de Chateaubriand : « Le désert déroulait maintenant devant nous ses solitudes démesurées. »
En quoi peut-on dire qu'elle relève de la prose poétique ?
Cochez la (ou les) bonne(s) réponse(s).
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Cette phrase est constituée de deux membres : le premier épouse le rythme parfaitement régulier de l'alexandrin (Le désert/ déroulait/ maintenant/ devant nous) ; le second se déploie comme un octosyllabe, créant un effet de rupture. Ces deux séquences rythmiques sont liées entre elles par un jeu de sonorités en écho : désert/ déroulait/ démesurées ; désert/ démesurées ; maintenant/ devant.
Exercice n°23
Quelle est la figure de style mise en valeur dans l'extrait suivant ?
Le Roman de la Rose
« Pauvreté, qui n'est point dans l'aisance,
Amena son fils Larcin
Qui pour aider sa mère
S'en va en courant au gibet
Et s'y fait quelquefois pendre
Car sa mère ne peut le défendre ;
Son père non plus, Cœur faibli,
Qui de chagrin en est accablé. »
Amena son fils Larcin
Qui pour aider sa mère
S'en va en courant au gibet
Et s'y fait quelquefois pendre
Car sa mère ne peut le défendre ;
Son père non plus, Cœur faibli,
Qui de chagrin en est accablé. »
Jean de Meung, 1270-1275
Cochez la bonne réponse.
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L'allégorie est une métaphore animée et se signale souvent au lecteur par une majuscule. Elle est fréquente dans la fable pour sa forte puissance représentative : les idées prennent vie et se personnalisent.
Exercice n°24
Quel est l'effet des allitérations mises en valeur dans les deux vers suivants ?
Le Cahier de Douai
« Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. »
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. »
Arthur Rimbaud, « Le Dormeur du val », 1870
Cochez la bonne réponse.
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S'il est souvent difficile de commenter les effets des allitérations, car on risque de tomber dans l'interprétation gratuite ou subjective, il faut être attentif à celles qui accentuent le sens de la phrase. Dans la conclusion de ce célèbre sonnet de Rimbaud, les dentales d et t et la liquide r, associées, renforcent la fatalité qui marque la conclusion du poème.
Exercice n°25
Par quelle figure de style Paul Éluard effectue-t-il un rapprochement entre les dormeurs et le monde minéral dans l'extrait suivant ?
Donner à voir
« Les dormeurs sont blancs, veinés de vert pâle, aussi transparents que le cristal de roche ; leurs cuisses laissent passer les rayons du jour. Ils n'ont pas la solidité du marbre le plus ordinaire ; ils sont même si tendres qu'on peut les tailler, les façonner avec un couteau.
Mais au contact de leurs paupières, la nuit dure et froide se fond comme l'ardoise. »
Mais au contact de leurs paupières, la nuit dure et froide se fond comme l'ardoise. »
Paul Éluard, « Dormeurs », 1939
Cochez la bonne réponse.
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Procédé très proche de la comparaison et de la métaphore, l'analogie établit une ressemblance entre deux ou plusieurs objets qui sont, habituellement, totalement éloignés. Ici, le poète insiste sur les rapports de réciprocité et d'harmonie qui existent dans l'univers.
Exercice n°26
Qu'est-ce qu'un calligramme ?
Cochez la bonne réponse.
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Le calligramme est un type de poème principalement employé par Guillaume Apollinaire. Le texte est organisé de manière à reproduire graphiquement le sujet du poème (une fontaine, une colombe par exemple).